LE TEMPS DES CERISES

(1866, J.B. Clément - A. Renard)

Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête.
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur.
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur.

Mais il est bien court le temps des cerises
Où l’on s’en va deux cueillir en rêvant
Des pendant d’oreilles,
Cerises d'amours aux robes pareilles

Tombant sous la feuille en gouttes de sang.
Mais il est bien court le temps des cerises
Pendant de corail que l’on cueille en rêvant.
Quand vous en serez au temps des cerises
Si vous avez peur des chagrins d'amour
Evitez les belles.

Moi qui ne craint pas les peines cruelles
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi des chagrins d'amour.
J’aimerai toujours le temps des cerises
C'est de ce temps là que je garde au cœur
Une plaie ouverte.

Et dame Fortune, en m’étant offerte,
Ne pourra jamais calmer ma douleur.
J’aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur

Quando canteremo il tempo delle  ciliege
L'allegro usignolo e il merlo beffardo
Saranno tutti in festa.
Le belle avranno le follie per capo
E gli innamorati il sole nel cuore
Quando canteremo il tempo delle ciliege
Fischierà meglio il merlo beffardo.

Ma è brevissimo il tempo delle ciliege
Quando si va in due a cogliere sognando
Orecchini
Ciliege d'amore alle gonne simili

Che cadono sotto la foglia a goccie di sangue
Ma è brevissimo il tempo delle ciliege
Ciondolini di corallo che si colgono sognando
Quando sarete al tempo delle ciliege
Se temete i dolori d'amore
Evitate le belle.

Io che non temo le crudeli pene
Non vivrò senza soffrire un giorno
Quando sarete al tempo delle ciliege
Pure voi avrete pene d'amore.
Sempre amerò il tempo delle ciliege
È di quel tempo là che tengo nel cuore
Una ferita aperta.

E la Signora Fortuna, che mi si era offerta,
Non potrà mai calmare il mio dolore.
Sempre amerò il tempo delle ciliege
Ed il ricordo che tengo nel cuore